exemples de traitements de conservation
Les deux exemples présentés ici ont fait l’objet d’un traitement de conservation uniquement. Dans les deux cas le traitement de restauration destiné à améliorer la lisibilité de l’œuvre ne s’est pas avéré nécessaire. Le but était pour ces deux œuvres de préserver la matière originale encore présente.
Pour le premier cas, le portrait de femme, qui appartient à d’une collection muséale, c’est la fonction de l’objet qui a orienté le choix vers ce type de traitement. Conservée dans les réserves du musée pour sa valeur historique et documentaire et non exposée, cette œuvre nécessitait surtout une stabilisation de ses matériaux constitutifs qui présentait un processus de dégradation important. L’ensemble de la couche picturale qui n’adhérait plus que très faiblement à la toile, se présentait sous forme d’écailles concaves dites écailles ‘‘en cuvette’’ qui se détachaient progressivement du support. Le but du traitement était de stopper ce phénomène et d’assurer la stabilité de l’ ensemble des composants à long terme.
La couche peinte a donc été assouplie, aplanie, remise dans le plan, refixée, nettoyée et protégée. Une fois stabilisée, l’œuvre a été conservée dans son état lacunaire sans autre intervention à finalité esthétique. Cependant le traitement, sans être un traitement de restauration, a tout de même amélioré la lisibilité, l’aplanissement des écailles ayant permis de redonner à la couche picturale une partie de son unité.
Pour le second cas, la tête de Putto, c’est l’ importance des lacunes mais aussi l’acceptation de la disparition partielle de l’image par le commanditaire qui a dicté le choix du traitement. Comme le portrait de femme, la tête de Putto présentait une déperdition progressive de la polychromie. Il présentait également une infestation par des insectes xylophages et le bois, attaqué, avait perdu sa densité. Ces deux processus de dégradation actifs, déjà responsables de l’état lacunaire avancé de l’objet, devaient impérativement être stoppés. Le commanditaire ayant choisi de ne pas restaurer l ‘image, les lacunes qui en résultaient, relativement étendue par rapport à la taille de l’objet, seraient, elles, conservées sans être réintégrées. Le but du traitement était ainsi, comme pour l’exemple précédent, de stabiliser et de conserver au mieux le reste de matière originale.
L’attaque d’insectes xylophage a donc été traitée, le bois consolidé, la polychromie assouplie, remise dans le plan et refixée. L’œuvre ainsi stabilisée exposait alors ses lacunes comme un témoignage de son histoire.

Portrait de femme
Ecole française du XVIIIe siècle
Huile sur toile

Avant traitement

Face de l’œuvre avant le traitement.

Face de l’œuvre après le traitement.


Tête de Putto
XVIIe siècle, Italie
Polychromie et dorure sur bois


Détail des écailles en cuvette avant le traitement, puis après l’aplanissement et le refixage.